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Presentazione

L’Associazione Culturale Italian Sword&Sorcery non si limita ad avere solo  italiani  tra i propri soci ma è orgogliosa di annoverare anche diversi appassionati e addetti ai lavori stranieri. Tra questi, come avevamo comunicato qualche mese or sono, vi è anche Jean-Pierre Laigle, noto scrittore e saggista francese, vera e propria enciclopedia dello sword and sorcery, il quale, molto gentilmente, ci ha inviato un apparato critico concernente Bran Mak Morn di Robert E. Howard.

Il testo viene pubblicato in lingua originale.

Buona lettura.


Autore

Photo-JP-LaigleJean-Pierre Laigle è nato a Tolone nel 1947. Ha pubblicato dal 1981 al 1996 i 47 numeri della rivista Antarès e tradotto alcuni dei suoi contenuti in una dozzina di lingue. Poi ha pubblicato in edizioni limitate dozzine di romanzi e fumetti di SF esauriti. Ha scritto fiction dal 1999. Ha iniziato due cicli di storia futura in Solaris nel 2001 e nel 2008. Il suo romanzo Rendez-vous with Destiny, pubblicato in Brasile nel 2012, è il primo del suo genere. Il secondo, non pubblicato in volume, include un romanzo pubblicato in cinque episodi e diversi nuovi. Nella sua uchronie Ave Cæsar Imperator! (2008), un discendente di Re Artù ripristina l’Impero Romano d’Occidente nel 652. È completato da due nuovi collocati più tardi. Ha scritto un pastiche di Tarzan, Return to Opar (2008), pubblicato in spagnolo. I suoi articoli e notizie sono stati tradotti in italiano, spagnolo, portoghese, bretone, estone, svedese, rumeno e bulgaro. Diversi sono inediti in francese. Ricercatore e collezionista, ha scritto per Fiction, Solaris, Galaxies, Brins d’Éternité e vari studi tematici sui periodici stranieri. Cinque sono riuniti in Pianeti Pilleuses e Altri temi della Fantascienza (2013) e altri cinque in L’Anti-Terre (2018).


BRAN MAK MORN UN RÉSISTANT PICTE À L’IMPÉRIALISME ROMAIN

 Jean-Pierre Laigle

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L’auteur remercie Chris Adams, Francisco Arellano, Martine Blond et Internet

pour l’aide et les documents fournis.

 

LES PICTES DANS LA FICTION ET L’HISTOIRE

 

            Dans un lettre à son ami Tevis Clyde Smith du début de 1923, Robert Ervin Howard (1906-36) disait avoir entamé un roman sur les incarnations d’un héros. Celui-ci s’ouvrait par le pré-humain arboricole Pied-Rapide, un esclave affecté à l’érection d’une pyramide égyptienne, Merak, Picte du temps des invasions saxonnes, et Lakur, archer hittite. Le second chapitre contait les aventures de Hakon, géant viking parti piller les Îles Britanniques. Le troisième devait concerner Bran Mak Morn, grand roi des Pictes. Son agent et exécuteur testamentaire Glenn Lord récupéra les deux premiers et les publia en 2005 sous le titre The Wheel Turns (tr. La Roue tourne, 2005). L’auteur, semble-t-il, s’en tint là. Par contre, il recycla le projet en une série de nouvelles constituant un cycle que sa mort interrompit. C’est de quoi il est question ici.

  1. Howard s’intéressa de près aux Pictes. Dans son essai pseudo-historique The Hyborian Age (L’Âge Hyborien, première partie en 1932; 1938 en entier), il les cite en tant que grands et solides barbares originaires d’un archipel à l’ouest de l’Atlantide, englouti en même temps que celle-ci et la Lémurie. Antérieurement, ils étaient présents dans le décadent royaume de Valusia, surtout comme mercenaires. Dans son cycle du Roi Kull, l’un d’eux, Brule, est même son homme de confiance et dans celui de Conan le Cimmérien des groupes ont survécu tout en régressant sur la partie ouest de ce qui deviendra l’Europe. Plus tard, influencés par un prêtre venu de Némédia, ils envahissent l’est du continent avant d’être arrêtés par des peuples aryens et autres. Victimes d’un second cataclysme, ils ne subsisteront que dans les Îles Britanniques.

            À leur stade final, R. Howard, obsédé par la bâtardise raciale, y voit une ethnie méditerranéenne au teint sombre et de petite stature, presque sauvage, dégénérée, métissée avec divers peuples, mais dont il admirait la résistance aux Romains honnis. Il s’inspirait de travaux en partie périmés les considérant non-aryens. Il décrit pourtant leurs chefs différents: plus grands, détenteur d’un sang plus pur. Tel est Bran Mak Morn, qualifié de leur dernier roi par le compilateur ignare d’un de ses recueils. Citons en effet Bridei qui défit en 685 à Nechansmere les Saxons northumbriens, préservant la Calédonie. A pu aussi l’inspirer Calgacos, le Vercingétorix picte, vaincu en 84 près du mont Gropius par les Romains qui subirent tant de pertes qu’ils renoncèrent à leur plan d’envahir le reste de la Bretagne et l’Irlande. Ainsi dépeint-il ce roi imaginaire:

            «Je vis un homme mince au cheveux sombres dont la tête m’arrivait à peine à l’épaule mais qui paraissait aussi agile et vigoureux qu’un léopard. Il était sommairement vêtu de simples habits ajustés de près, avec pour toute arme une longue épée droite.» (d’après Men of the Shadows)

            «L’un était de taille moyenne, bâti en souplesse, sommairement vêtu, dont les cheveux sombres étaient enserrés dans un étroit bandeau en fer au centre duquel luisait un rouge joyau solitaire… / … Son visage dénotait de l’intelligence et une implacable volonté.» (d’après Kings of the Night)

            «Il était sombre, mais il ne ressemblait pas aux Latins qui l’entouraient. Il n’y avait rien en lui de la chaude sensualité presque orientale de la Méditerranée qui teintait leurs traits. Les barbares blonds qui se tenaient derrière la chaise de Sulla étaient moins différents de l’homme par ses contours faciaux que l’étaient les Romains. Chez lui pas les lèvres charnues et arquées ni les abondantes mèches onduleuses qui suggéraient les Grecs. Pas plus que son teint sombre l’olivâtre vif du sud. C’était plutôt les mornes ténèbres du nord. L’aspect entier de l’homme suggérait confusément les brumes ombreuses, la mélancolie, les vents froids et glaciaux des terres nordiques dépouillées. Même ses yeux noirs étaient d’une froideur sauvage, comme de sombres feux brûlant à travers des épaisseurs de glace.

            Sa stature n’était que moyenne, mais il y avait chez lui quelque chose qui transcendait la simple corpulence, une certaine vitalité féroce et innée, comparable seulement à celle d’un loup ou d’une panthère. Dans chaque trait de son corps souple et compact, tout comme dans sa chevelure rude et raide et ses lèvres minces, c’était manifeste. Et dans le port aquilin de sa tête sur un cou noueux, dans ses larges épaules carrées, dans sa poitrine profonde, dans ses reins étroits, ses pieds minces. Bâti avec la sauvage économie d’une panthère, il était la personnification des potentialités dynamiques contenues par un sang-froid dur comme le fer» (d’après Worms of the Earth)

            Ces citations, respectant la chronologie où les textes furent rédigés, traduisent l’intérêt et la ferveur croissants de l’auteur envers Bran Mak Morn et sa férocité. Par contre, la majorité de son peuple évoque plutôt des sous-hommes: «À ses pieds était accroupi quelqu’un à la peau identique. Mais là s’arrêtait la ressemblance. Cet autre était un géant rabougri aux membres noueux, au corps épais, au front tout bas et à l’expression d’une férocité obtuse,» décrit-il Grom, son homme de confiance, dans Worms of the Earth. Dans l’avant-propos au recueil éponyme (1969) – reprenant les opinions de sa lettre du 2 mars 1932 à Howard Philips Lovecraft –, R. Howard exalte son héros en champion contre les Romains, peuple aryen mais impérialiste, et les Pictes, difformes et dégénérés, réputés non-aryens, mais libres et indomptables.

            Dans la réalité, les Picti, c’est-à-dire peints ou tatoués en latin, s’appelaient Cruihnidh, du moins en gaélique, car ils n’ont laissé aucun écrit sauf quelques mots en alphabet ogham, emprunté aux voisins celtes, sur de rares stèles ou rochers gravés. Près de 400, à destination inconnue, parsèment l’Écosse, un peu le sud et beaucoup les Orcades, les Shetlands et les Hébrides. Grossiers blocs souvent plats, ils présentent des incisions d’objets usuels, d’animaux familiers ou fantastiques, de figures abstraites ou symboliques parfois énigmatiques et de croix chrétiennes sur les plus récentes. Peut-être sont-ils à rapprocher des dessins à l’encre bleue couvrant leurs corps, mentionnés aussi chez les Gaëls et les Scots par les auteurs romains et postérieurs, interdits plus tard par l’Église. Subsistent aussi des vestiges d’habitations et de fortifications.

              Les Pictes étaient redoutés des Gaels comme des Romains pour leur férocité. Sous le principat d’Hadrien (118-138) fut totalement anéantie la Legio IX Hispana, soit 5000 à 6000 légionnaires plus le personnel civil auxiliaire. Ce désastre semble avoir motivé l’érection d’un mur de 117 kilomètres ponctué de fortins et de forteresses de l’embouchure de la Tyne au golfe de Solway de 122 à 126 ou 127. La pression romaine vers le nord s’accentuant, un second de 60 kilomètres fut construit de 140 à 151 de l’estuaire de la Forth à celui de la Clyde sous le règne d’Antonin le Pieux (138-161). Mais il fut submergé dès 160. Le précédent semble avoir cessé de servir en 383, préfigurant l’évacuation de la Bretagne par l’administration impériale (408-10). Ces ouvrages prolongeaient le limes continental, censé protéger l’empire des barbares.

            Au XXIème siècle, les Pictes apparaissent comme la première vague celtique, la plus primitive, indo-européenne ou du moins métissée après coup avec le reste du peuple des mégalithes couvrant l’ouest européen. Ils furent à leur tour refoulés vers le nord par la suivante, les Gaulois, qui domina un temps la majeure partie de la France jusqu’au Danemark, l’ouest de la Germanie, le nord de l’Espagne et de l’Italie, la Suisse et la Bohème et fonda même un état en Anatolie en 241 avant J.C.. Ils résistèrent aux Romains dans leur réduit insulaire mais, après leur départ, assez mal à l’est et au nord aux Saxons, puis aux Scandinaves, et à l’ouest aux Scots irlandais dont le roi Kenneth Mac Alpine annexa la Calédonie à partir de 842. Ainsi donnèrent-ils même leur nom à la Calédonie (Écosse). Déjà minée par le christianisme, leur culture s’éteignit.

            Dans un essai sans titre au début perdu, R. Howard voit en les Pictes des agriculteurs proches des Amérindiens, couvrant une grande partie de l’Europe, puis subsistant après l’invasion celtique en Grande-Bretagne. Mais auparavant y vivait une race cavernicole à laquelle ils ne s’unirent pas, à l’origine de la légende des ogres et des géants. Récupéré par le compilateur en préface au recueil Worms of the Earth (tr. Bran Mak Morn, 1969), un autre article révèle: «J’étais enthousiasmé par tout ce que je pouvais trouver d’histoires écossaises, me sentant une parenté avec les hommes des clans en kilt vu la part écossaise dans mon propre sang.» En fait, sa mère, à qui il était attaché de façon fusionnelle et dont la mort prochaine causa son suicide, prétendait descendre du dernier roi des Irlandais, liés aux Écossais et aux Pictes. Il poursuit:

            «Mon intérêt pour les Pictes s’est toujours mitigé d’un brin de fantaisie, à savoir que je ne me suis jamais senti aussi impliqué à leur égard qu’avec les Irlandais et les Écossais des Highlands. Non que ce fût moins éclatant; mais quand je me mettais à écrire à leur sujet, c’était encore à travers les yeux d’autrui. Ainsi dans ma première histoire sur Bran Mak Morn (Men of the Shadows), j’ai conté le récit en la personne d’un mercenaire gothique de l’armée romaine; dans un long poème narratif que je n’ai jamais terminé et où pour la première fois j’ai couché Bran sur le papier (manuscrit perdu), j’ai tout relaté par la voix d’un centurion romain en faction sur le Mur; dans The Lost Race, le personnage central était un Breton; et dans Kings of the Night c’était un prince gaélique. C’est seulement dans mon dernier récit sur Bran, Worms of the Earth, que j’ai vu par des yeux pictes et parlé en langue picte!» (Propos développant le contenu de la lettre du 2 mars 1932 à H. P. Lovecraft)

            Et:

            «J’en ai fait une race forte et belliqueuse de barbares, je leur ai donné une histoire honorable pleine de gloire passée et je leur ai créé un grand roi: un certain Bran Mak Morn. Je dois admettre que j’ai manqué d’imagination quand il s’est agi de donner un nom à ce personnage qui semble avoir surgi tout armé dans mon esprit. De nombreux rois des chroniques pictes portent des noms gaéliques mais, en accord avec ma version fictive de la race picte, leur grand roi se devait d’avoir un nom plus conforme avec leur ancienneté non-aryenne. Mais je l’ai nommé Bran en souvenir d’un autre personnage historique que j’aimais bien: le Gaulois Brennus qui pilla Rome. Mak Morn vient du fameux héros irlandais Gol Mac Morn. J’ai changé la prononciation non-gaélique de Mac pour lui donner une allure non-gaélique, puisque l’alphabet gaélique ne renferme pas de k, c portant toujours le son k. Ainsi, alors que Bran Mac Morn signifie en gaélique “Le Corbeau, Fils de Morn”, Bran Mak Morn n’a aucun sens en gaélique mais en a un propre, purement picte et ancien, dont les racines se perdent dans les labyrinthes de l’antiquité. La similarité phonétique avec le terme gaélique est une simple coïncidence!» (Propos largement repris d’une lettre à H. P. Lovecraft de janvier 1932)

 

LES TEXTES COMPLETS

 

       De la geste de Bran Mak Morn, roi imaginaire des Pictes, R. Howard laissa, complets, l’article reconstitué précité, deux poèmes et trois nouvelles. Première parue de celles-ci, Kings of the Night (tr. Les Rois de la Nuit, 1930) relève aussi du cycle plus long et plus élaboré de Kull. Annonçant Conan, aussi barbare mais plus humain et plus sympathique, ce mercenaire de la sauvage Atlantide a conquis le trône de la décadente Valusia avec pour pronunciamento «Par cette hache je règne!» C’était avant la submersion de ces pays et de la Lémurie. Suivit l’Âge Hyborien, faisant la jonction avec l’antiquité classique admise où il se fondit. Ainsi se résume l’Histoire fantasmée que l’auteur égrena dans ses textes, qu’il aurait sans doute corrigée et étoffée, eût-il surmonté ses tendances suicidaires et trouvé la force de survivre à sa mère.

            La veille d’une bataille décisive contre les Romains, malgré les augures fastes d’un sacrifice humain, Bran – qui ne croit qu’en la force – est fragilisé et contesté par d’autres chefs. Il commande un millier de Pictes sans cuirasses, aux armes grossières et divisés de tribus antagonistes, inaptes à une stratégie élaborée. Seuls ses alliés, 650 Gaëls d’Érin avec 50 chars et 300 Nordiques, sont supérieurement équipés. Or ces derniers, pirates vaincus ralliés à contrecœur, viennent de perdre leur roi. Ils ont juré de n’obéir qu’à un souverain qui ne soit ni picte ni gaël ni breton, prétexte pour retirer leur appui à Bran et passer à l’ennemi. Gonar, le sacrificateur, appelle alors du passé Kull, roi de Valusia, qui défié, par le meneur des contestataires, le tue. Galvanisés par sa prestation, ses hommes acceptent de le suivre «jusqu’à Rome ou au Valhalla!»

            Difficile de concevoir deux êtres plus opposés que Bran et Kull. Ce dernier, colosse enjoué et un peu balourd mais volontaire, apparu dans The Shadow Kingdom (tr. Le Royaume des Chimères, 1929), a gagné le trône de Valusia sur un coup de tête, presque sans le vouloir, et, une fois dessus, regrette sa vie de guerrier, harcelé par les charges et la bureaucratie royales. Une monotonie souvent rompue, entre autres, par les complots des hommes-serpents. Ainsi est-il projeté dans son sommeil en Bretagne occupée par la magie de Gonar. Il se réveillera dans son lit, couvert de blessures et sa cotte de mailles en lambeaux, persuadé d’avoir rêvé, ayant victorieusement soutenu le choc des cohortes romaines à l’entrée d’une gorge et donner à Bran le temps d’acculer et d’éliminer la totalité des 1800 légionnaires. La Calédonie restera libre.

            La bataille couvre le quart de ce récit dynamique, plus le duel. Y sont engagés les chars, attestés assez tard en Bretagne mais historiquement bien moins sophistiqués et maniables qu’en Asie mineure jusqu’à l’époque hellénistique et surtout non munis de faux acérées. L’assaut romain contredit l’acies (armée en ordre de bataille): nulle mention de la traditionnelle testudo (tortue, formation mobile compacte sous un mur de boucliers). Si les Celtes pratiquaient les sacrifices humains, l’arrachage du cœur est un rite méso-américain; la lecture des entrailles était courante, mais en Italie. Le terme de viking est anachronique. Enfin le kilt n’apparut qu’au XVIIème siècle. Grand lecteur, R. Howard ne se documenta pourtant guère. Lui importaient surtout les scènes les plus sanglantes possibles. Il nageait en plein dans une antiquité tardive fantasmée.

            Nouvelle suivante, Worms of the Earth (tr. Les Vers de la Terre, 1932), la plus sinistre, s’ouvre à Eboracum (York) sur une crucifixion, supplice en principe réservé aux esclaves, appliquée par défi et mépris, à un Picte cyniquement jugé par l’arrogant gouverneur romain Titus Sulla en présence de Bran sous l’identité de l’ambassadeur de son peuple. Ulcéré, il tue le centurion qui a raillé et achevé le condamné, puis s’adresse à Atla, répugnante sorcière mi-humaine, pour se venger. En échange de ses étreintes, elle lui indique le moyen d’assouvir sa haine: dérober la Pierre Noire vénérée par les descendants métissés de la race reptilienne qui régnait en Bretagne avant la sienne. Depuis, refoulée sous la terre, elle a perdu toute humanité. Confronté à ses membres, il les traite de «chiens des ténèbres, vermine de l’Enfer, vers de la terre.»

            Un marché est conclu: Bran leur rendra la pierre en échange de Titus Sulla. De retour à Eboracum, il trouve sa forteresse écroulée comme après un séisme. Avant d’expirer, un survivant l’informe que l’ont minée des créatures inconnues. Celles-ci lui livrent le gouverneur, physiquement intact mais rendu fou au contact de leur abomination  Si bien qu’il le décapite non par vengeance mais par pitié. Et de fuir la ville, poursuivi par la malédiction de la sorcière selon qui les vers l’ont marqué de leur hideur et le retrouveront un jour. Nouvel exemple de la haine éprouvée par R. Howard envers les autres races, jointe à celles des Romains oppresseurs des peuples qu’il apprit – pour des raisons purement romantiques – à aimer: Pictes, Celtes, Germains, Aryens. Un aspect de cette attitude est préfiguré dans le troisième récit du cycle, le plus court.

            Récupéré dans ses papiers, Men of the Shadows (tr. Les Hommes des Ténèbres, 1969) est le plus ancien. Sans doute rejeté à cause de sa conclusion informelle, c’est le seul écrit à la première personne. Survivant de 500 légionnaires égarés au-delà du Mur d’Hadrien, dans un combat épique de plusieurs pages, un mercenaire scandinave innommé à la solde de Rome et devenu citoyen romain retrouve à cette occasion sa louable et salutaire sauvagerie originelle. R. Howard se répand alors en une apologie forcenée de la violence guerrière, rendue encore plus glorieuse devant l’invincible marée d’assaillants qui l’acculent et s’acharnent sur lui de façon insensée bien qu’il les hache par dizaines. C’est plus beau lorsque c’est inutile, semble suggérer l’auteur, comme si ce combat constituait une fin en soi et une apothéose. Et pour chaque camp!

            Bran Mak Morn l’épargne pour sa bravoure et l’invite autour du feu de camp. Sous l’influence de sa sculpturale sœur à qui il plaît, il est même disposé à le libérer, mais un vieux prêtre du Serpent – préfiguration de Gonar? – s’y oppose, lui lance un défi mystique et le perd. Ce dernier se lance alors dans un discours enflammé sur la gloire passée des Pictes depuis l’époque des Néandertaliens, des Lémuriens, des Atlantes et des conquérants aryens, puis sur le futur, la chute de Rome et son pillage par les Vandales, la Bretagne sous le joug nordique, le peuple picte condamné. Le récit s’achève sur une évocation résignée et presque philosophique de la violence et son rôle édificateur dans la succession et le destin des races. C’est une ébauche prometteuse de ce que l’auteur développera plus tard de façon plus conforme à l’attente des lecteurs.

  1. Howard laissa aussi des poèmes, pour la plupart réunis par ses admirateurs dans Always Comes Evening (Toujours arrive le Soir, 1957) et Singers of the Shadows (Les Chanteurs des Ombres, 1970). Relevant de la geste de Bran Mak Morn, Men of the Shadows (tr. Les Hommes des Ténèbres, 1957) figure en exergue à la nouvelle éponyme avec d’autres vers héroïques à la gloire des Pictes et de leur antiquité en tant que première grande nation et dernière survivante de l’âge de pierre. A Song of the Race (tr. Un Chant de la Race, 1969), en douze strophes de quatre vers rimés, décrit Bran Mak Morn sur son trône écoutant une chanteuse célébrant la sombre histoire de son peuple des origines jusqu’à la fin des hommes. Michael Moyne l’a magnifiquement illustré en 1978. Comme sa prose, ils expriment la mélancolie et la sauvagerie d’antan.

            Mentionnons enfin pour être complet The Dark Man (tr. L’Homme Noir, 1931), récit guerrier relevant aussi du cycle de Turlogh Dubh O’Brien, héros irlandais portant un kilt anachronique. Bran Mak Morn y intervient, enjeu d’une lutte acharnée, divinisé sous la forme d’une statue, des siècles après sa mort, à l’époque troublée de l’expansion scandinave dans les Îles Britanniques. Il aide un clan de Pictes, peuple attaqué par les Scots et les vikings, à arracher à ces derniers ce symbole de leur ancienne indépendance, chèrement gagnée. C’est encore l’occasion pour R. Howard d’exprimer son estime pour ce petit peuple et d’évoquer les âges imaginaires où ils dominaient les îles occidentales et érigeaient des cercles de pierre – attribution erronée –, avant d’être refoulés au nord par les Celtes, puis d’arrêter la poussée des légions romaines.

 

LES RESTES D’UN CYCLE

            Il subsiste encore quelques fragments qui n’ont trouvé personne pour les compléter, contrairement à d’autres, relevant de cycles ou de personnages plus commerciaux sur lesquels s’est escrimée une kyrielle de tâcherons, souvent pour les dénaturer. Parmi les papiers orphelins de R. Howard fut récupéré un texte inachevé, publié sous le titre de Fragment (tr. Fragment, 1969). Bran Mak Morn y rencontre un guerrier viking, donc anachronique, puis une amazone avec laquelle il croise à regret mais victorieusement le fer et qui affirme: «Je ne suis pas une femme habituelle. Je ne fais qu’une avec les vents, le givre et les mers grises de ce pays sauvage.». Sous le titre Bran Mak Morn: A Play (tr. Bran Mak Morn: Théâtre, 1983) en existe une adaptation théâtrale qui n’ajoute rien au récit. C’était pourtant une déclaration engageante.

            Mentionnons encore un synopsis jamais développé, exhumé seulement en 1988, qui situe enfin avec précision mais trop tard les événements entre 296 et 300. La Tétrarchie vient d’être instaurée, décentralisation censée remédier aux crises sociale, économique et militaire de la Romanie, que son extension a rendu difficile à défendre et gouverner. Deux Augustes, Dioclétien et Maximilien, ont désigné deux Césars, Galère et Constance, chacun avec ses attributions, ces trois derniers étant en fait subordonnés au premier. Les légions de Bretagne se sont révoltées sous la conduite de Carausius. Son assassin, Allectus, intrigue avec les barbares pour garder le pouvoir. Il est haï par le général chargé de défendre le Mur d’Hadrien contre le roi des Pictes. Une des rares tentatives documentées de R. Howard d’écrire un vrai récit historique.

LES PASTICHES

 

            Il n’y a que deux pastiches du cycle de Bran Mak Morn, mais ils multiplient par quatre l’apport howardien. Karl Edward Wagner (1945-94), estimable auteur d’Heroic Fantasy, du deuxième chapitre de Ghor the Kin-Slayer (Ghor, le Tueur des Siens, 1977) laissé inachevé de R. Howard et de The Road of Kings (La Route des Rois, 1979), roman conanien dû à sa seule plume. Il assuma d’abord cet héritage avec Legions of the Shadows (Les Légions Issues des Ombres, 1976), reprenant les personnages de la sorcière Atla dans Worms of the Earth, du prêtre Gonar dans ce dernier et dans Kings of the Night, de Morgain, fille innommée de Bran dans Men of the Shadows. Il se réfère aussi, entre autres, à Children of the Night (tr. Les Enfants de la Nuit, 1931) où est évoquée la race reptilienne ayant précédé l’humanité en Bretagne.

            Le roman contredit le synopsis où R. Howard situait entre 296 et 300 l’action d’un texte non écrit. Mais celui-ci ne fut publié qu’en 1988 et dans ses trois nouvelles antérieures ne figurait nulle date. K.E. Wagner choisit le principat de Septime Sévère (193-211), débarqué en Bretagne en 208 pour mettre fin aux incursions pictes et mort à Eboracum. L’histoire débute au printemps précédant l’arrivée de l’empereur. Autre base historique: la perte de la Legio IX Hispana (9ème Légion Hispanique), qu’il situe arbitrairement en 130. Le prologue raconte le désastre et l’attribue à l’arrière-grand-père de Bran Mak Morn. Il y ajoute la fuite de quelques soldats et des civils survivants dans une grotte dont l’entrée fut scellée hermétiquement avec des rochers. En 208, leurs descendants remontent, rebaptisés Legio IX Infernalis (5ème Légion Infernale).

             Les chapitres suivants prolongent directement Worms of the Earth. Deux ans après sa vengeance, Bran Mak Morn lance une expédition contre la forteresse que construisent les Romains comme tête de pont d’une prochaine invasion. Il n’y trouve que les corps décapités des 2000 légionnaires qui y travaillaient et de profonds trous. De retour à son palais, il reçoit en cadeau leurs têtes et la visite d’Atla et de Claudius Nero, légat des descendants de la légion disparue, émissaires des Enfants de la Nuit, race mi-humaine mi-reptilienne peuplant les entrailles de la Bretagne. Celle-ci a accueilli et assimilé les vaincus de jadis. Elle propose aux Pictes une alliance pour en  chasser les troupes de César et y restaurer l’ancien culte du Serpent. Bran refuse avec horreur. Mais sa sœur Morgain est enlevée et ses ravisseurs veulent lui forcer la main.

               Bran Mak Morn s’enfonce alors dans les profondeurs et y retrouve sa sœur, mais pour la rejoindre en captivité. Ssrhythssaa, souverain des Enfants de la Nuit, tente de la convaincre que sa race et la sienne arrivent au stade final de la dégénérescence mais qu’en unissant leurs forces ils retrouveront leur gloire passée. Il lui montre leur évolution dans la Pierre Noire. Là se place une synthèse raisonnée de l’œuvre de R. Howard – dont K.E. Wagner tente de gommer les incohérences – sur les espèces qui se sont succédé depuis l’apparition de la vie sur la Terre, les premiers mammifères et reptiles pensants et leur lutte, notamment les tentatives de ces derniers pour recouvrer leur suprématie au temps du Roi Kull et leurs efforts pour renouveler leur sang en enlevant des femmes. Ainsi sont nés les abominables Vers de la Terre.

            L’histoire se conclue sur l’échec de Ssrhythssaa à hypnotiser son prisonnier, son évasion grâce l’intervention d’une amazone, la révolte de la Légion Infernale contre son maître qui y perd la vie et contre les Vers de la Terre, la lutte contre leur gigantesque serpent ressemblant plutôt à une limace tentaculaire et l’irruption des Pictes dans le réseau de cavernes où ils massacrent l’abominable engeance, ses métis et ses alliés. K.E. Wagner raconte en fait la fin de la civilisation souterraine de Bretagne. Il a mis au service de ce pastiche non seulement son érudition extensive sur l’œuvre de R. Howard mais une sérieuse documentation sur la culture militaire romaine qui manquait visiblement à son inspirateur. C’est un pastiche respectueux de son esprit et de son héritage mais à la conclusion assez abrupte: préparait-elle une suite?

            Si oui, celle-ci échut à David C. Smith & à Richard Tierney, ce dernier ayant déjà complété deux nouvelles du cycle celtique de Cormac Mac Art: Tigers of the Sea (Les Tigres de la Mer, 1975) et Temple of Abomination (Le Temple de l’Abomination, 1975). For the Witch of the Mists (Pour la Sorcière des Brumes, 1978) s’ouvre sur un sacrifice humain calqué de façon gênante sur celui de Kings of the Night. Gonar prédit à Bran Mak Morn qu’il ira à Rome pour complaire à Aeysla d’Atlantis dont l’esprit habite une caverne. Quand il s’y rend, elle lui remet une amulette à remettre à celle en qui elle se réincarnera et qui se trouve à Rome. Peu après, capturé par les Romains, il est reconnu par Drusus Maximus, gouverneur d’Eboracum et sorcier méditant de s’approprier les pouvoirs d’Aeysla, et  envoyé en cadeau à l’empereur Septime Sévère.

            La majeure partie du roman se passe à Rome. Devenu gladiateur, Bran trouve l’esclave Sirena qui est transfigurée une fois en possession de l’amulette. Ils fuient en Gaule d’où, grâce à un druide qui a reconnu Aeysla, ils passent en Bretagne. Une dernière bataille a lieu devant la caverne entre les Pictes et les légionnaires; l’Atlante réincarnée utilise ses pouvoirs magiques contre le sorcier romain et sa complice avant de s’en aller de par le monde. Les auteurs sont malheureusement loin d’avoir le souffle épique de R. Howard et de K.E. Wagner et, malgré leur érudition historique, commettent des erreurs: les haricots étaient inconnus en Europe avant Christophe Colomb, le port d’Ostie, ensablé, était alors désaffecté et l’étrusque était une langue morte depuis le premier siècle de l’ère chrétienne. Le résultat est assez morne.

 

LES ADAPTATIONS GRAPHIQUES

 

            Toutes les nouvelles complètes relatives à Bran Mak Morn ont été adaptées en bandes dessinées, surtout en noir et blanc et sous des scénarios de Roy Thomas. Cela commença par la plus marginale, The Dark Man, sous le titre de Night of the Dark God (La Nuit du Dieu Sombre, 1974), avec Gil Kane, Neal Adams et «diverses mains» aux crayons. Celle-ci, assez conventionnelle, n’y ajoute rien et même la dénature en remplaçant Turlogh Dubh O’Brien par Conan, artifice discutable mais commercial. Marginal mais plus intéressant mentionnons aussi un portfolio de sept planches de Frank Brunner, The Brunner of Bran Mak Morn (Le Bran Mak Morn de Brunner, 1978), qui traduit dans un style frénétique le caractère sauvage et primitif du personnage par des scènes ou de simples citations de textes, certaines détournées.

            Première vraie adaptation, Worms of the Earth (1976-77) doit tout à Barry Smith, artiste inaugural un peu gauche de la série en couleurs de Conan mais ici à son sommet, et à Tim Conrad pour le premier épisode et à ce dernier seul pour le second. Le style réaliste souvent à la limite du caricatural rend à merveille le caractère sombre, latent, brumeux, menaçant, féroce, tortueux et horrifique des scènes, des décors et des corps de l’original et le transfigure tout en le respectant. Kings of the Night (1979), dessinée par David Wenzel, bien que fidèle, contraste, peu inspirée et graphiquement bien plus conventionnelle. Men of the Shadows a connu deux versions. La plus longue (1984), dessinée par Gene Day, respecte R. Howard mais sans génie; la seconde (2012-14), par Richard Pace, l’abrège mais est plus dynamique et évocatrice du passé.

 

CONCLUSIONS

 

            Sous la plume de R. Howard, la geste de Bran Mak Morn n’est pas une série historique, même compte tenu du cadre détaillé par son synopsis. Il le traite en héros national calédonien, idée piquante pour un roi imaginaire. Dans une lettre assez fumeuse d’octobre-novembre 1930 à Harold Preece sur Kings of the Night, il reprenait des théories du temps sur l’origine méditerranéenne des peuples primitifs d’Europe occidentale, de petite taille, dont les Pictes étaient censés faire partie. Il disait aussi son projet d’écrire sur la période brumeuse du lent déclin de l’influence romaine en Bretagne un long roman d’après une documentation sérieuse. Ainsi avouait-il implicitement son manque de rigueur dans sa restitution de la Bretagne d’alors. Mais là ne réside pas l’inspiration principale pour un tel personnage, si nous l’en croyons:

            «… Je pense parfois que Bran est un pur symbole de mon propre antagonisme envers l’empire, un antagonisme pas aussi facile à comprendre que mon inclination pour les Pictes. Peut-être y a-t-il une autre explication à cela: j’ai d’abord vu le nom de Pictes sur des cartes et toujours ce nom se trouvait rejeté loin en-dehors des frontières de l’Empire romain. Ce fait a suscité chez moi un immense intérêt; c’était en soi fortement significatif. Le simple fait suggérait de terrifiantes guerres, de sauvages attaques et une résistance sauvage, de la bravoure, de l’héroïsme et de la férocité. J’ai été instinctivement un adversaire de Rome: quoi de plus naturel que je m’allie instinctivement avec ses ennemis, d’autant plus si ces ennemis avaient résisté avec succès à toutes ses tentatives d’assujettissement. Quand dans mes rêves – pas des rêveries mais de vrais rêves – je combattais les légions en armures de Rome et que je reculais, chancelant, entaillé et défait, me venait violemment à l’esprit – comme l’irruption d’un autre monde à naître dans le futur – l’image d’une carte couverte par le vaste empire romain, et toujours au-delà des frontières, en-dehors des tracés de sujétion, l’énigmatique légende “Pictes et Scots”. Et continuellement dans mon esprit surgissait l’idée qui me donnait de nouvelles forces: parmi les Pictes je pourrais trouver refuge, à l’abri de mes ennemis, et je pourrais y lécher mes plaies et renouveler mes forces en vue de conflits.

            Un de ces jours je vais essayer d’écrire un texte de la longueur d’un roman traitant de cette époque brumeuse. Succombant à la licence qu’un romancier historique est censé se permettre, j’ai l’intention d’adopter un scénario à peu près comme ceci: le lent effritement de l’influence romaine en Bretagne et l’empiétement des nomades teutoniques à partir de l’Orient. Ceux-ci, débarquant sur la côte est de la Calédonie, exercent leur lente  pression vers l’ouest jusqu’à entrer en conflit violent avec les établissements gaéliques de l’ouest. Traversant les ruines de l’antique royaume pré-aryen des Pictes, longtemps bloquées entre d’implacables ennemis, ces tribus belliqueuses en viennent à de mortelles empoignades pour ensuite seulement se retourner contre un ennemi commun, les conquérants saxons. J’entends que cette histoire soit celle de nations et de rois plutôt que d’individus. Je ne l’écrirai sans doute jamais.» (Derniers paragraphes de l’avant-propos au recueil Worms of the Earth qui développent sa lettre du 2 mars 1932 à H.P. Lovecraft)

  1. Howard était un jeune homme indépendant et asocial manifestement entravé et exclu par la société où un malheureux hasard l’avait fait naître. Les codes lui en étaient étrangers et incompréhensibles et le gênaient dans ses tentatives souvent maladroites de s’y faire une place, puisqu’il ne renonçait pas à son auto-promotion. Devenu un marginal faute de s’y soumettre et décidé à préserver sa marginalité, il n’avait trouvé d’autre voie que développer sa force physique et écrire des histoires – du moins celles de Conan, Kull, Bran Mak Morn et autres héros musclés – en qui il projetait son moi idéalisé et fantasmé. C’était un passé où il s’affranchissait des contraintes de la civilisation occidentale à laquelle seuls le rattachèrent de rares amis, souvent lointains, sa mère qui le soutenait et, un bref temps, sa fiancée Novaline.

            Dans ce passé que lui ouvraient des lectures parfois discutables, qu’il avait fantasmées et où il s’abîmait en rêve ou non, il trouvait refuge contre le présent. De là sa fascination pour les conquérants germaniques du Völkerwanderung, les Celtes dont un peu de sang l’irriguait et, curieusement, les Pictes. Par quelle aberration avait-il pris parti pour ceux qu’il considérait comme dégénérés, métissés et non-aryens, au point de leur inventer un roi à peine digne de leur antique gloire? C’est qu’il se sentait de fortes affinités avec ce peuple libre et sauvage contre un autre aussi violent mais policé, organisé et surtout décadent, dominateur et esclavagiste, les Romains, préfiguration de ce que la civilisation occidentale contemporaine avait d’aliénant. Et pourtant ils étaient indo-européens, donc, en théorie, de sa race, au sens restreint qu’entendait R. Howard.

            Mais cela ne suffisait pas pour cet individualiste forcené, physiquement apte à appuyer ses avis et intellectuellement à les argumenter dans sa correspondance. Une large part de son œuvre fait l’apologie de la conquête aveugle, de la violence effrénée et du sacrifice de soi. Ses héros ne craignent pas la mort et y voient une apothéose. À rapprocher des tendances suicidaires qui imprègnent ses lettres et l’emporteront quand la vie ne lui semblera plus vivable. Ce fut sans doute, sinon une délivrance, du moins une issue aux épreuves auxquelles il faisait face. Comme Bran Mak Morn, R. Howard ne souffrait nul compromis avec l’adversité et se battait. Simplement, il fut incapable de surmonter le défi qu’elle lui lançait en ravissant sa mère. Mais, aussi incroyable que cela paraisse, son monde ambiant était plus insupportable que celui de son personnage.

24/08–00/09/2018

 

BIBLIOGRAPHIE

 

KINGS OF THE NIGHT

            1 – Weird Tales, novembre 1930.

            2 – Recueil Skull-Face and Others, Arkham House, Sauk City, 1946.

            3 – Magazine of Horror n°21, mai 1968.

            4 – Recueil Bran Mak Morn, Dell Books, New York, 1969.

            5 – Recueil Worms of the Earth, Donald M.Grant, West Kingston, 1974.

            6 – Recueil Skull-Face Omnibus, Neville Spearman, 1974, 1975.

            7 – Recueil Worms of the Earth, Zebra Books, New York, 1975 (3 tirages, dont 1 canadien), 1976, 1977.

            8 – Idem, Orbit, Londres, 1976.

            9 – Recueil Skull-Face Omnibus, tome 2, Panther Books, Londres, 1976.

            10 – Recueil Worms of the Earth, Ace Books, New York, 1979, 1987.

            11 – Recueil Robert Howard’s World of Heroes, Robinson, 1989.

            12 – Recueil The Eternal City, Baen Books, Riverdale,1990.

            13 – Recueil Bran Mak Morn, Baen Books, 1996 (texte original restauré).

            14 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Wandering Star, 2001.

            15 – Idem, Del Rey, New York, 2005.

            16 – Idem, Science Fiction Book Club, Garden City, 2006.

            17 – Recueil People of the Dark, Wildside Press, 2006.

            18 – Recueil Kull: Exile of Atlantis, Del Rey, New York, 2006.

            19 – Idem, Science Fiction Book Club, Garden City, 2006.

            20 – Recueil Crimson Shadows: The Best of Robert E. Howard 1, Del Rey, New York, 2007.

            21 – Recueil Kings of the Night, Dodo Press, 2008.

            22 – Recueil Kull: Exile of Atlantis, Subterranean Press, 2008.

            23 – Recueil Heroes in the Wind: From Kull to Conan, Penguin Books, Londres, 2009.

            24 – Recueil Crimson Shadows: The Best of Robert E. Howard 1, Subterranean Press, 2009.

            25 – Recueil Kull: Exile of Atlantis, Tantor Media, 2010 (édition audio).

            26 – Recueil The Kull Series: Kings of the Night, Paradox Entertainment, 2010.

            27 –  Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Tantor Media, 2010 (édition audio).

            28 – Recueil Conan’s Brethen, Gollancz, Londres,2011.

            29 – Recueil The Shadow Kingdom and Other Tales, Benediction Classics, 2011.

            30 – Recueil The Kull Series: Kings of the Night, Paradox Entertainment, 2011.

            31 – Recueil Days of High Adventures, Schlock! Publications, Londres, 2012.

            32 – Anthologie Skullcrusher: Selected Weird Fiction 1, Creation Oneiros, 2012.

            33 – Recueil Kings of the Night, Star Books, 2013.

            34 – Recueil Robert E. Howard Short Stories & Novellas, Business and Leadership Publishing, 2014.

            35 – Recueil Swords of the North, Robert E. Howard Foundation Press, Cross Plains, 2014.

            36 – Recueil Tales of Bran Mak Morn, Ozymandias Press, 2016.

            37 – Recueil Kull of Atlantis, Ozymandias Press, 2016.

            38 – Idem, Jovian Press, 2017.

            39 – Recueil Tales of Bran Mak Morn, Jovian Press, 2017.

            Traductions: Les Rois de la Nuit (Recueil Bran Mak Morn, Nouvelles Éditions Oswald, Paris, Fantastique / Science-fiction / Aventure n°60, 1982, 1985; idem, Éd. Fleuve Noir, Paris, Robert Howard n°18, 1993; recueil Bran Mak Morn, L’Intégrale, Éd. Bragelonne, Paris, 2009; recueil Kull Le Roi Atlante, Éd. Bragelonne, Paris, 2010, d’après le texte original restauré).

THE DARK MAN

            1 – Weird Tales, décembre 1931.

            2 – Weird Tales, septembre 1954.

            3 – Recueil The Dark Man and Others, Arkham House, Sauk City, 1963.

            4 – Recueil Bran Mak Morn, Dell Books, New York, 1969.

            5 – Recueil The Dark Man and Others, Lancer Books, New York, 1972.

            6 – Recueil Worms of the Earth, Donald M. Grant, West Kingston, 1974.

            7 – Idem, Zebra Books, New York, 1975 (2 tirages, dont 1 canadien), 1976, 1977.

            8 – Idem, Orbit, Londres, 1976.

            9 – Recueil The Dark Man Omnibus 1, Panther Books, Londres, 1978.

            10 – Recueil Worms of the Earth, Ace Books, New York, 1979, 1987.

            11 – Recueil Bran Mak Morn, Baen Books, Riverdale, 1996 (texte restauré).

            12 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Wandering Star, 2001.

            13 – The Howard Review n°13, décembre 2004.

            14 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Del Rey Books, 2005.

            15 – Idem, Science Fiction Book Club, Garden City, 2005.

            16 – Recueil People of the Dark, Wildside Press, 2005, 2006.

            17 – Recueil The Weird Writing of Robert E. Howard 1, Girasol Collectables, 2006.

            18 – Recueil Crimson Shadows: The Best of Robert E. Howard 1, Del Rey Books, New York, 2007, 2009.

            19 – Recueil Heroes in the Wind: Frim Kull to Conan, Penguin Books, Londres, 2009.

            20 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Tantor Media, 2010 (édition audio).

            21 – Anthologie Conan’s Brethen, Gollancz, Londres, 2011.

            22 – Anthologie Pulp Replica: Weird Tales, Girasol Collectables, 2011.

            23 – Recueil Swords of the North, Robert E. Howard Foundation Press, Cross Plains, 2014.

            24 – Recueil The Dark Man, Star Books, 2015.

            Traductions: L’Homme Noir (Recueil L’Homme Noir, Librairie des Champs-Élysées, Paris, Le Masque Fantastique n°1, 1976; idem, Nouvelles Éditions Oswald, Paris, Fantastique / Science Fiction / Aventure n°40, 1982, 1984, 1988; idem, Éd. Fleuve Noir, Paris, Robert Howard n°7, 1991; recueil Bran Mak Morn, L’Intégrale, Éd. Bragelonne, Paris, 2009).

WORMS OF THE EARTH

 

            1 – Weird Tales, novembre 1932.

            2 – Anthologie Keep on the Light, Selwyn & Blount, Londres, 1933.

            3 – Weird Tales, octobre 1939.

            4 – Recueil Skull-Face and Others, Arkham House, Sauk City, 1946.

            5 – Famous Fantastic Mysteries, juin 1953.

            6 – Magazine of Horror n°22, juillet 1968.

            7 – Recueil Bran Mak Morn, Dell Books, New York, 1969.

            8 – Recueil Worms of the Earth, Donald M. Grant, West Kingston, 1974.

            9 – Recueil Skull-Face Omnibus, Neville Spearman, 1974, 1975.

            10 – Recueil Worms of the Earth, Zebra Books, New York, 1975 (3 tirages, dont 1 canadien), 1976, 1977.

            11 – Idem, Orbit, Londres, 1976.

            12 – Idem, Ace Books, Bew York, 1979, 1987.

            13 – Anthologie Cthulhu the Mythos and Kundred Horrors, Baen Books, 1987, 1989, 1992.

            14 – Recueil Robert E. Howard’s World of Heroes, Robinson, 1989.

            15 – Anthologie Famous Fantastic Mysteries, Gramercy Books, 1991.

            16 – Recueil Bran Mak Morn, Baen Books, Riverdale, 1996 (texte original  restauré).

            17 – Recueil Nameless Cults, Chaosium, 2001.

            18 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Wandering Star, 2001.

            19 – Recueil Robert E. Howard’s Worms of the Earth, Wandering Star, 2001 (édition audio).

            20 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Del Rey, New York, 2005.

            21 – Idem, Science Fiction Book Club, Garden City, 2005.

            22 – Recueil Wings in the Night, Wildside Press, 2005, 2007.

            23 – Recueil The Weird Wrinting of Robert E. Howard 1, Girasol Collectables, 2006.

            24 – Recueil Crimson Shadows: The Best of Robert E. Howard 1, Del Rey, New York, 2007.

            25 – Recueil Worms of the Earth, Dodo Press, 2008.

            26 – Recueil The Horror Stories of Robert E. Howard, Del Rey, New York, 2008.

            27 – Recueil Heroes in the Wind: From Kull to Conan, Penguin Books, Londres, 2009.

            28 – Recueil Crimson Shadows: The Best of Robert E. Howard 1, Subterranean Press, 2009.

            29 – Recueil The Horror Stories of Robert E. Howard, Tantor Media, 2010 (édition audio).

            30 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Tantor Media, 2010 (édition audio).

            31 – Anthologie 50 Classic Horror Book, Golgotha Press, 2010.

            32 – Anthologie Conan’s Brethen, Gollancz, Londres, 2011.

            33 – Recueil The Horror Stories of Robert E. Howard, Subterranean Press, 2011.

            34 – Recueil The Shadow Kingdom and Other Tales, Benediction Classics, 2011.

            35 – Anthologie The Cthulhu Mythos Megapack: 40 Modern and Classic Lovecraftian Tales, Wildside Press, 2012.

            36 – Anthologie Weird Tales: 101 Weird, Strange, and Supernatural Sories 3, Civitas Media, 2012.

            37 – Anthologie Pulp Replica: Weird Tales Volume 20 Number 5, Girasol Collectables, 2012, 2013.

            38 – Anthologie Skullcrusher: Selected Weird Fiction 1, Creation Oneiros, 2012.

            39 – Recueil Robert E. Howard’s Short Stories & Novellas, Business and Leadership Publishing, 2014.

            40 – Recueil Tales of Bran Mak Morn, Ozymandias Press, 2016.

            41 – Idem, Jovian Press, 2017.

            42 – Recueil Worms of the Earth, Sir Angels, 2017.

            Traductions: Les Vers de la Terre (recueil Bran Mak Morn, Nouvelles Éditions Oswald, Paris, Fantastique /  Science-fiction /Aventure n°60, 1982, 1985; idem, Éd. Fleuve Noir, Paris, Robert Howard n°18, 1993; recueil Bran Mak Morn, L’Intégrale, Éd. Bragelonne, Paris, 2009, d’après le texte original restauré + version de travail).

MEN OF THE SHADOWS

            1 – Anthologie Always Comes Evening, Arkham House, Sauk City, 1957.

            Note: Ce poème figure en tête de toutes les éditions de la nouvelle éponyme (voir celle-ci).

FOREWORD

 

            1 – Recueil Bran Mak Morn, Dell Books, New York, 1969.

            2 – Recueil Worms of the Earth, Ace Books, New York, 1979, 1987.

            Note: Cet avant-propos figure dans toutes les éditions postérieures du cycle.

            Traductions: Avant-Propos (Recueil Bran Mak Morn, Nouvelles Éditions Oswald, Paris, Fantastique /  Science-fiction / Aventure n°60, 1982, 1985; idem, Éd. Fleuve Noir, Paris, Robert Howard n°18, 1993).

MEN OF THE SHADOWS

            1 – Recueil Bran Mak Morn, Dell Books, New York, 1969.

            2 – Recueil Worms of the Earth, Donald M. Grant, West Kingston, 1974.

            3 – Idem, Zebra Books, New York, 1975 (3 tirages, dont 1 canadien), 1976, 1977.

            4 – Idem, Orbit, Londres, 1976.

            5 – Idem, Ace Books, New York, 1979, 1987.

            6 – Recueil Bran Mak Morn, Baen Books, Riverdale, 1996 (texte original restauré).

            7 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Wandering Star, 2001.

            8 – Idem, Del Rey, New York, 2005.

            9 – Idem, Science Fiction Book Club, Garden City, 2005.

            10 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Tantor Media, 2010 (édition audio).

            Traductions: Les Hommes des Ténèbres (Recueil Bran Mak Morn, Nouvelles Éditions Oswald, Paris, Fantastique Science-fiction / Aventure n°60, 1982, 1985; idem, Éd. Fleuve Noir, Paris, Robert Howard n°18, 1993; recueil Bran Mak Morn, L’Intégrale, Éd. Bragelonne, Paris, 2009, d’après le texte original restauré).

FRAGMENT  (commençant par «A grey sky arched…»

 

            1 – Recueil Bran Mak Morn, Dell Books, New York, 1969.

            2 – Recueil Worms of the Earth, Donald M. Grant, West Kingston, 1974.

            3 – Idem, Zebra Books, New York, 1975 (3 tirages, dont 1 canadien), 1976, 1977.

            4 – Idem, Orbit, Londres, 1976.

            5 – Idem, Ace Books, New York, 1979, 1987.

            6 – Idem, Baen Books, Riverdale,1996 (texte original restauré).

            7 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Wandering Star, 2001.

            8 – Idem, Del Rey, New York, 2005.

            9 – Idem, Science Fiction Book Club, Garden City, 2005.

            10 – Recueil Bran Mak Morn: The last King, Tantor Media, 2010 (édition audio).

            Traductions: Fragment (Recueil Bran Mak Morn, Nouvelles Éditions Oswald, Paris, Fantastique / Science-fiction / Aventure n°60, 1982, 1985; idem, Éd. Fleuve Noir, Paris, Robert Howard n°18, 1993; Texte Inachevé, recueil Bran Mak Morn, L’Intégrale, Éd. Bragelonne, Paris, 2009, d’après le texte original restauré).

A SONG OF THE RACE

            1 – Recueil Bran Mak Morn, Dell Books, New York, 1969.

            2 – The Savage Sword of Conan the Barbarian n°35, novembre 1978 (illustré par Michael Moyle).

            Note: Poème repris dans les rééditions du cycle de Bran Mak Morn.

            Traductions: Un Chant de la Race (Recueil Bran Mak Morn, Nouvelles Éditions Oswald, Paris, Fantastique / Science-fiction / Aventure n°60, 1982, 1985; idem, Éd. Fleuve Noir, Paris, Robert Howard n°18, 1993; recueil Bran Mak Morn, L’Intégrale, Éd. Bragelonne, Paris, 2009, textes français et anglais).

NIGHT OF THE DARK GOD

            1 – Savage Tales n°4, mai 1974 (texte de Roy Thomas, dessin de Gil Kane 1 Neal Adams).

KARL EDWARD WAGNER : LEGION FROM THE SHADOW

            1 – Zebra Books, New York, 1976.

WORMS OF THE EARTH

            1 – Savage Sword of Conan n°16, décembre 1976 (texte de Roy Thomas, dessin de Barry Smith & Tim Conrad) et n°17, février 1977 (texte de Roy Thomas, dessin de Tim Conrad, sous le titre de Curse of the Black Stone).

            2 – Recueil Robert E. Howard’s Savage Sword n°1, Dark Horse, Milwaukie, mars 2011 (édition en couleurs).

THE BRUNNER BRAN MAK MORN

            1 – The Savage Sword of Conan n°30, juin 1978 (7 planches dessinées par Frank Brunner).

DAVID C. SMITH & RICHARD TIERNEY : FOR THE WITCH OF THE MISTS

            1 – Zebra Books, New York, 1978.

KINGS OF THE NIGHT

            1 – The Savage Sword of Conan n°42, juillet 1979 (texte de Roy Thomas, dessin de David Wenzel), n°43, août 1979 ( texte de Roy Thomas, dessin de David Wenzel, sous le titre de The Pass of Death).

            2 – Recueil Robert E. Howard’s Savage Sword n°5, Dark Horse, Milwaukie, août 2012 (édition en couleurs).

BRAN MAK MORN: A PLAY

            1 – Recueil Bran Mak Morn: A Play & Others, Cryptic Publications, 1983.

            2 – Cromlech n°3, 1988.

            3 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Wandering Star, 2001.

            4 – Idem, Del Rey, New York, 2005.

            5 – Idem, Science Fiction Book Club, Garden City, 2005.

            6 – Idem, Tantor Media, 2010 (version audio).

            Traductions: Bran Mak Morn, Le Dernier Roi (Unaussprechlichen Kulten n°1, octobre 1990; Bran Mak Morn: Théâtre, recueil Bran Mak Morn, L’Intégrale, Éd. Bragelonne, Paris, 2009).

MEN OF THE SHADOWS

            1 – The Savage Sword of Conan n°102 juillet 1984), 103 (août, 1984), 104 (septembre 1984), 106 (novembre 1984), texte de Roy Thomas, dessin de Gene Day.

UNTITLED SYNOPSIS

 

            1 – Cromlech n°3, 1988.

            2 – The New Howard Reader n°3, 1998.

            3 – Recueil Bran Mak Morn: The Last King, Wandering Star, 2001.

            4 – Idem, Del Rey, New York, 2005.

            5 – Idem, Science Fiction Book Club, Garden City, 2005.

            Traductions: Bran Mak Morn: Synopsis (Unaussprechlichen Kulten n°1, octobre 1990; recueil Bran Mak Morn, Éd. Bragelonne, Paris, 2009).

WORMS OF THE EARTH

            1 – Cross Plain Comics, octobre 2000.

MEN OF THE SHADOWS

      1 – Robert E. Howard’s Savage Sword n°5 (novembre 2012), 6 (novembre 2013) & 7 (janvier 2014), texte: Ian Edginton, dessin: Richard Pace, Dark Horse, Milwaukie.

CITATIONS DANS LE TEXTE

 

            «I saw a slim, dark-haired man, whose head would come scarcely to my shoulder, but who seemed as lithe and strong as a leopard. He was scantily clad in plain, close-fitting garment, his only arm a long straight sword.»

 

            «One was of medium height, lithely built, scantily clad, whose black hair was confined by a narrow iron band in the center of which gleamed a single red jewel… / … His face denoted intelligence and implacable will;»

 

            «He was dark, but he did not resemble the Latins around him. There was about him none of the warm, almost Oriental sensuality of the Mediterranean which colored their features. The blond barbarians behind Sulla’s chair were less unlike the man in facial outline than were the Romans. Not his were the full curving lips, nor the rich waving locks suggestive of the Greek. Nor was his dark complexion the rich olive of the south; rather it was the bleak darkness of the north. The whole aspect of the man vaguely suggested the shadowed mists, the gloom, the gold and icy winds of the naked northern lands. Even his black eyes were savagely cold, like black fires burning through fathoms of ice.

            His height was only medium but there was something about him which transcended mere physical bulk – a certain fierce innate vitality, comparable only to that of a wolf or a panther. In every line of his supple, compact body, as well as in his coarse straight hair and thin lips, this was evident – in the hawklike set of the head on the corded neck, in the broad square shoulders, in the deep chest, the lean loins, the narrow feet. Built with the savage economy of a panther, he was an image of dynamic potentialities, pent in with iron self-control.»

 

            «At his feet crouched one like him in complexion – but there the resemblance ended. This other was a stunted giant, with gnarly limbs, thick body, a slow sloping brow and an expression if dull ferocity,…»

 

            «I was an enthusiast of Scottish histories, such I could obtain , feeling a kinship with the kilted clansmen because of the Scottish strain my own blood. »

 

            «My interest in the Picts was always mixed with a bit of fantasy; that is, I never felt the realistic placement with them than I did with the Irish and Highland Scotch. Not that it was the less vivid; but when I came to write of them, it was still through alien eyes. Thus in my first Bran Mak Morn Story (Men of the Shadows), I told the story through the person of a Gothic mercenary in the Roman Army; in a long narrative rhyme which I never completed, and in which I first put Bran on paper (manuscript lost), I told it through a Roman centurion on the Wall; in The Lost Race the central figure was a Briton; and in Kings of the Night it was a Gaelic prince. Only in my last Bran story, Worms of the Earth, did I look through Pictish eyes, and speak with a Pictish tongue!»

 

            «I made them a strong warlike race of barbarians, gave them an honorable history of past glories, and created for them a great king – one  Bran Mak Morn. I must admit my imagination was rather weak when it came to naming this character, who seemed to leap full-grown into my mind. Many kings in the Pictish chronicles have Gaelic names, yet in order to be consistent with my fictionized version of the Pictish race, their great king should have a name more in keeping with their non-Aryan antiquity. But I named him Bran for another favorite historical character of mine: the Gaul Brennus, who sacked Rome. The Mak Morn comes from the famous Irish hero, Gol Mac Morn. I changed the spelling of the Mac, to give it a non-Gaelic appearance, since the Gaelic alphabet contains no k, c being always given the k sound. So while Bran Mac Morn is Gaelic for “The Raven, Son of Morn,” Bran Mak Morn has no Gelic significance, but has a meaning of its own, purely Pictish and ancient, with roots in the dim mazes of antiquity; the similarity in sound to the Gaelic term is simply a coincidence!»

 

            «By this axe, I rule!»

 

            «… to Rome or Vahalla!»

 

            «Dogs of the dark, vermin of Hell, worms of the earth.»

 

            «I am no common woman. I am one with the winds and the frosts and the gray seas of this wild land.»

 

            «Sometimes I think Bran is merely the symbol of my own antagonism toward the empire, an antagonism not nearly  so easy  to understand as my favoritism for the Picts. Perhaps this is another explanation for the latter; I saw the name “Picts” first on maps, and always the name lay outside the far-flung bounds of the Roman empire. This fact aroused my immense interest; it was so significant of itself. The mere fact suggested terrific wars – savage attacks and ferocious resistance– valor and heroism and ferocity. I was an instinctive enemy of Rome; what more natural than I should instinctively ally myself with her enemies, more especially as these enemies had successfully resisted all attempts at subjugation. When in my dreams– not daydreams, but actual dreams – I fought the armored legions of Rome, and reeled back gashed and defeated, there sprang to my mind – like an invasion from another, unborn world of the future – the picture of a map, spanned by the wide empire of Rome, and ever beyond the frontier, outside the lines of subjugation, the cryptic legend, “Picts and Scots.” And always the thought rose in my mind to lend me new strength: among the Picts I could find refuge, safe from my foes, where I could leak my wounds and renew my strength for the wars.»

 

            «Some day I’m going to try to write a novel-length tale dealing with that misty age. Allowing myself the latitude that a historical novelist is supposed to be allowed, I intend to take a plot something like this: the slow crumbling of Roman influence in Britain, and the encroachment of Teutonic wanderers from the East. These, landing on the eastern coast of Caledonia, press slowly westward, until they come in violent conflict with the older Gaelic settlements on the west. Across the ruins of the ancient pre-Aryan Pictish Kingdom, long pinned between implacable foes, these warlike tribes come to death-grips, only to turn on a common foe, the conquering Saxons. I intend the tale shall be of nations and kings rather than individuals. Doubtless I shall never write it.»


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Scritto da Francesco La Manno

Saggista, curatore, editore, conferenziere e cultore di narrativa dell'immaginario specializzato nello sword and sorcery; fondatore e presidente dell'Associazione Culturale Italian Sword&Sorcery e socio della World SF Italia. I suoi saggi sono stati pubblicati da varie case editrici tra cui Solfanelli, Watson, Ailus e Letterelettriche. Scrive su L'intellettuale Dissidente e su alcune riviste tra cui Dimensione Cosmica e Lost Tales. Oltre alle pubblicazioni tradizionali, su siti e blog specializzati sono apparsi oltre duecento suoi articoli, recensioni e saggi.

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